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Après la précédente polémique sur les discussions réservées aux afro descendants, le collectif MWASI revient cette fois avec un remake de l’apartheid version black people only ...

Non loin de vouloir en faire la pub, revenons sur ce qu’est ce groupe. Le collectif, créé en 2014, se définit comme un rassemblement d’afro féministes ressentant le besoin d’échanger sur les questions liées à la femme noire. La page Facebook compte à ce jour moins de 20000 abonnés.

 

La mariée était bien trop belle 

Bien que noble dans l’intention, la bêtise de l’être humain n’a pas pu s’empêcher de croquer la pomme et noircir un tableau qui s’annonçait éclatant de couleur.

En effet, en parcourant quelques échanges au sein du collectif, il n’est pas difficile de tomber sur des graines d’extrémistes, des bourgeons de racistes, des tiges idiotes aux feuilles vides de sens. En un mot, des baobabs de l’extrême opposé de ce qui devait être une noble cause.

Le dernier coup d’éclat du collectif est lié à la sortie du prochain Marvel : Black panther. Le groupe a prévu de « privatiser » une séance complète réservée aux non-mixtes. En d’autres termes, black people only.

Dans un geste de grande bonté, le collectif a prévu d’attribuer gratuitement la moitié des places à des jeunes de banlieues.

 

La non-mixité pertinente 

La non-mixité n’est pourtant pas à dénigrer. Se retrouver entre « semblables » délit parfois les langues et rend l’échange plus efficace. Il serait mal vu de voir une personne aisée se retrouver dans une réunion de surendettés anonymes.

La précédente polémique de MWASI n’avait d’ailleurs pour cause qu’une communication désastreuse. La non-mixité était fondée. Mais à elles seules, les thématiques suffisaient à « présélectionner ».

Le problème se pose lorsque la non-mixité exclue comme c’est le cas ici, dans le cadre d’un divertissement…

Comment justifier ce simulacre apartheid au 21e siècle ? Comment cracher ainsi sur N. Mandela ? N’est-ce pas là une porte ouverte aux événements décomplexés white only organisés par la fachosphère refoulée (ou pas) ? Qui en seront les victimes dans ce monde dans lequel la population en situation de « pouvoir » est blanche ?

Inversons un moment les positions (white people only). Quelles auraient été les conséquences ?

 

« Le militantisme s’arrête là où commence l’égoïsme »

La description de l’événement fait mention d’un débat après la projection …

L’auteur a sans doute oublié qu’un débat entre personnes ayant les mêmes opinions ne sert qu’à flatter les egos et se distingue peu d’une séance de masturbation collective.

Qui se risquerait à un désaccord sans se retrouver dans la situation d’un Jon SNOW armé d’une épée et faisant seul, face à l’entière armée de Ramsay BOLTON ? 

Le principe fondamental de l’acte militant est de réclamer un traitement équitable. Cependant quelle légitimité y a-t-il à demander une justice lorsque l’on utilisé les mêmes armes que la partie offensante ?

Une introspection s’avère nécessaire. Traiter d’un sujet entre personnes convaincus est totalement inutile. Le succès du militantisme est mesuré par l’acceptation d’autrui qui se retrouve de fait, inclus dans l’échange. Agir autrement revient à vouloir dominer l’autre et inverser le rapport d’injustice. Dans un monde dans lequel la population en situation de « pouvoir » est blanche, ce combat est perdu d’avance. Les afro descendants seront les grands perdants, se retrouveront de nouveau stigmatisés à cause de l’attitude égoïstement puérile d’une minorité.

 

Douce déception

Le militantisme afro est une course d’endurance avec une ligne d’arrivée encore invisible. Les bouffées d’oxygènes sont rares et les écarts sont fréquents, bien trop fréquents.

Pour beaucoup d’Afro descendants, Black panther était l’occasion de faire fièrement un pied de nez au white washing. Des acteurs, une équipe de tournage majoritairement afro descendants. Une fenêtre sur un standard mono couleur salie par le collectif MWASI.

En France, certains films produits par Tyler Perry (For colored girls, etc.) n’obtiennent pas de sortie en salle car jugés communautaires. Ce dernier était pourtant en première position du classement Forbes 2011 des personnalités les plus payées du divertissement.

L’initiative de MWASI nous vaudra -t-elle une interdiction de sortie en salle de la suite des aventures de Black panther ? Nul doute que la fachosphère n’hésitera pas à s’engouffrer dans la faille. Heureusement que le capitalisme sera là pour nous sauver …

En attendant, si on recherche Black panther sur un célèbre moteur de recherche, l’article de Valeurs actuelles (média d’extrême droite) sur cette séance black people only est fièrement en une de la première page.

 

Sans évoquer le côté légal de l'initiative qui reste à démontrer, espérons que la LICRA et tous les organismes anti-discrimination parviennent à empêcher la tenue de cet événement.

 

 

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