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Affiche officielle du film : "Bienvenue au Gondwana" de Mamane entouré par les trois principaux acteurs du film Gohou Michel (à droite), Digbeu Cravatte (à gauche), et Antoine Gouy.

La star du rire présente "Bienvenue au Gondwana", satire plus que d'actualité du monde politique. À voir ce 12 avril sur le continent et en France.

Seul un conteur baigné dans une sagesse venu d'un autre temps pouvait porter sur grand écran, une histoire aussi tragique que comique sur le mode d'un jeu de piste d'actualité. Bienvenue au Gondwana. C'est le pari qu'a réussi, Mamane, humoriste nigérien, fils de diplomate, révélé à Paris dans les années 2000. Et véritable star sur le continent où ses chroniques font un tabac (plus de 30 millions d'auditeurs par jour) depuis neuf ans sur les ondes de Radio France internationale.

Un film sur l'Afrique qui nous embarque

À 51 ans, d'un calme olympien, le comique à l'allure svelte devenu réalisateur raconte en fait l'histoire d'une colère. Elle gronde en lui depuis toujours semble-t-on détecter. Comme pour mieux s'en départir, il a choisi l'humour, le plus sombre qu'il soit, criant de vérité. Mamane et les acteurs venus d'un peu partout comme les Ivoiriens Gohou Michel, ou Digbeu Cravette vivent tous sur le continent. Et leur constat est amer. L'Afrique est paradoxale, c'est vrai qu'on le dit assez souvent, on connaît ses travers dont l'illustration la plus parfaite a été le système de la Françafrique. Soixante ans plus tard, le verre est toujours à moitié plein.

Si les putschs et les contestations violentes sont devenus l'exception, les élections se généralisant, leur fréquente manipulation entrave clairement les avancées démocratiques. Les élections sont donc devenues une période-clé de la vie des Africains. Entre 2015 et 2016 pas moins de quinze élections se sont déroulées sur le continent. « C'est à cause des élections truquées que des dictateurs se maintiennent en place et que des Africains fuient leur pays pour venir à l'étranger, confie-t-il, sinon les gens ne demandent qu'à rester chez eux. En Afrique, il fait bon vivre tout de même, le climat est bon, les conditions de développement économique s'améliorent, mais voilà il n'y a pas cette liberté démocratique, qui fait qu'on va rester sur place. Ce n'est plus acceptable », s'irrite-t-il.

Liberté

Bien entendu dans sa satire aucun pays n'est visé, son objectif est de garder une certaine liberté dans ses chroniques débutées, selon ses souvenirs, la veille de l'investiture du président Obama en janvier 2009. Tout est question de point de vue ! Qu'on soit togolais, congolais, malien, burkinabè, et même en dehors des frontières du continent, le Gondwana étend ses frontières jusqu'à la France ou les États-Unis avec un Donald Trump qui hérisse dans le monde entier. Et Julien Franchon (Antoine Gouy) son personnage principal va en faire l'amère expérience. Ce jeune juriste et attaché ministériel est envoyé en mission parmi « une équipe de sept observateurs mandatés par la Commission internationale afin de surveiller l'élection, ou plutôt d'assurer la réélection présidentielle du président fondateur. Ce dernier, au pouvoir depuis de longues années, est un partenaire de la France qui compte le maintenir en poste afin de préserver ses intérêts. L'ingénu Julien va alors découvrir les arcanes du néocolonialisme et constater la complicité des tyrans africains et occidentaux, dont ses propres collègues... » Sauf que rien ne se passe comme prévu. Mamane s'est confié au Point Afrique sur ce projet cinématographique qui lui tient particulièrement à cœur.

 

Un projet panafricain, avant tout

Comme le montre le film, l'Afrique est en train de changer. Le continent est désormais celui de l'accélération digitale et cela a forcément un impact sur les sociétés. Et c'est là, que Mamane fait passer son message. À l'heure où de nombreux dirigeants s'interrogent sur la place des jeunes, des nouvelles technologies, on le voit actuellement au Cameroun où deux zones anglophones sont coupées d'Internet, les Africains, dans leur grande majorité, vivent avec leur temps, smartphones, hackers sont donc présents dans le film à travers les personnages des révolutionnaires que sont Betty et « l'ingénieur ». Ils sont en quelque sorte les porte-voix de cette jeunesse porteuse d'avenir pour tout un continent.

 

Aux côtés de Mamane, et de ses acteurs venus de tout horizon, le distributeur Vincent Maraval (société Wild Bunch), les producteurs Éric et Nicolas Altmayer (Mandarin Films) artistes, musiciens, humoristes se sont unis pour monter ce projet panafricain. L'artiste Tiken Jah Fakoly n'a ainsi pas hésité à faire une apparition sur fond de musique reggae, bien évidemment. Sans oublier Ray Léma, le Congolais à l'origine de la bande originale du film.