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Questions à... Wilson N'Dombet, professeur titulaire de l'Université Omar Bongo de Libreville. Il a récemment publié aux éditions de L'Harmattan : "Processus électoraux et immobilisme politique au Gabon (1990-2009)".

Du 1er mars au 19 avril 1990 se tenait la conférence nationale (non souveraine) du Gabon : de quoi s'agissait-il ?

Arrivé au pouvoir le 2 décembre 1967 et créant le 12 mars 1968 un parti unique, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), le président Omar Bongo va se heurter à crise politique et sociale inédite en fin 1989-début 1990. Ponctuée de manifestations variées où s'engluait le pays, cette crise résultait de la volonté des Gabonais de dénoncer et mettre fin aux nombreux privilèges dont bénéficiaient les hiérarques du régime au pouvoir.

La Conférence Nationale de 1990, assemblée de tous les partis et associations politiques gabonais, avait pour but de mettre fin au monopartisme et de prôner le retour au multipartisme en vigueur de 1960, année de l'indépendance du Gabon, à 1967.

S'agit-il d'un rendez-vous manqué de l'histoire politique gabonaise ?

Si les disposions de la Constitution du Gabon attestent que l'objectif visé, en 1990, du retour à l'État de droit moderne et démocratique est clairement établi, il demeure qu'il ne se passe rien. On vit, dans ce pays, un immobilisme politique patent, illustré par de nombreux processus électoraux toujours validés au profit du PDG, parti au pouvoir depuis un demi-siècle environ. La Constitution du pays étant plusieurs fois révisée et instrumentalisée en faveur de Bongo. De ce fait, les actes de la Conférence Nationale favorables à une respiration politique, mieux à une alternance politique au sommet de l'État, n'ont pas été exécutoires. Par conséquent, cette assemblée est un rendez-vous raté.

Quelles sont les conséquences politiques à court terme (élections présidentielles de 1993), à moyen terme (système entretenu par Omar Bongo jusqu'à sa mort en 2009), et à long terme (quels espoirs pour l'après Omar depuis 2009) ?

À court terme, la politique du président Omar Bongo fondée sur une patrimonialisation des ressources de l'État et sur des rapports de clientèles a permis, au fil du temps de corrompre et contenir les ambitions des nouveaux entrepreneurs politiques. Même après le premier hold-up électoral perpétré par Omar Bongo, lors des élections présidentielles de 1993, les violences qui s'ensuivent sont apaisées grâce à « un partage institutionnel du pouvoir », une distribution de postes au gouvernement à des membres de l'opposition politique.

À moyen terme, l'on assiste à une prise en otage de l'État par le régime au pouvoir qui, pour continuer à monopoliser tous les pouvoirs, vit des réminiscences du parti unique. Cette manière de gérer le pays après la mort d'Omar Bongo et depuis l'avènement de son fils au pouvoir, Ali Bongo, tend à s'empirer, au point de tétaniser l'action des institutions, notamment du pouvoir judiciaire, chargées d'administrer les processus électoraux telle que la Cour Constitutionnelle. À ce propos, d'ailleurs, le Gabon vit à l'issue des élections présidentielles du 27 août dernier, une crise inédite de son histoire dont les nombreuses violences, les personnes disparues et les morts survenues confirment son enlisement dans la dictature.