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Une "marche pour le changement" organisée à Lagos début mars par la coalition de l'opposition. 

Après avoir ralenti à 3 % en 2015, le taux de croissance de l'Afrique subsaharienne devrait continuer de baisser à 1,6 % en 2016, son niveau le plus bas depuis vingt ans, annonce la Banque mondiale dans son dernier rapport Africa's Pulse, sa publication semestrielle sur les perspectives économiques du continent rendu public ce jeudi.

Ralentissement dans les pays pétroliers

« Les difficultés économiques rencontrées par les principales économies de la région (le Nigeria et l'Afrique du Sud en particulier), qui subissent toujours les contrecoups de la chute des cours des matières premières, expliquent ce ralentissement », soulignent les auteurs du rapport. Ils ajoutent que ces pays doivent, de surcroît, s'adapter à des conditions de financement moins favorables et faire face aux incertitudes qui pèsent sur leurs politiques économiques. Cependant, relèvent-ils, un quart des pays du continent sont parvenus à maintenir une bonne dynamique de croissance.

Les nouveaux relais de croissance : Éthiopie, Rwanda, Tanzanie, Côte d'Ivoire et Sénégal

Le rapport constate des taux de croissance très hétérogènes à travers le continent et révèle des disparités entre les pays. Alors que la croissance s'est effondrée dans de nombreux pays, l'Éthiopie, le Rwanda et la Tanzanie affichent toujours en moyenne des taux annuels supérieurs à 6 %. Des pays tels que la Côte d'Ivoire et le Sénégal figurent parmi les économies les plus performantes du continent, soulignent les auteurs du rapport. « Il ressort de notre analyse que les pays qui s'en sortent le mieux sont également ceux qui disposent d'un cadre de gestion macroéconomique plus solide et d'une réglementation plus favorable aux activités commerciales. Leurs exportations sont aussi plus diversifiées et leurs institutions plus efficaces », a souligné Albert Zeufack, économiste en chef de la Banque mondiale pour l'Afrique.

Encore un long chemin

Malgré un léger rebond, les cours des matières premières devraient rester bien en deçà des niveaux record enregistrés entre 2011 et 2014, du fait d'une reprise mondiale fragile. Pour faire face à leurs besoins croissants de financement, les auteurs du rapport notent que les pays exportateurs de matières premières ont commencé à réduire leurs dépenses, mais de manière inégale et encore insuffisante. « Dans un tel contexte, estiment-ils, la reprise devrait être modeste, avec une croissance réelle du PIB prévue à 2,9 % en 2017, et 3,6 % en 2018. » Par ailleurs, il est indiqué dans Africa's Pulse qu'en 2017, les performances économiques des pays du continent continueront d'être contrastées. Si les plus grandes économies de la région et les autres pays exportateurs de matières premières devraient enregistrer une légère hausse de leur croissance, au fur et à mesure que les cours se stabiliseront, le reste de l'Afrique progressera à un rythme soutenu, notamment grâce aux investissements dans les infrastructures. « Du fait de la conjoncture internationale encore fragile, certains pays devront procéder à des ajustements structurels plus importants pour réduire leurs déficits budgétaires et extérieurs et mieux résister aux chocs économiques », préconisent les auteurs du rapport. Ils poursuivent en estimant que pour améliorer leurs perspectives de croissance à moyen terme, ces pays devront également réorienter leur politique macroéconomique et accélérer les réformes structurelles.

 

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