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Hervé Renard fait partie des nombreux coaches français à la tête d'un équipe africaine. Aujourd'hui, il entraîne les Lions de l'Atlas (Maroc).

Plusieurs sélections africaines sont actuellement dirigées par des entraîneurs européens, dont de nombreux Français. Une tendance qui ne date pas d'hier.

On les appelle parfois les « sorciers blancs ». Aujourd'hui, Hervé Renard et Claude Le Roy, jadis Philippe Troussier, Bruno Metsu ou Henri Michel. À leur niveau, tous ont laissé une trace indélébile dans l'histoire du football africain. Pourtant, l'entraîneur européen qui tente sa chance en Afrique n'a en rien la garantie du succès. Mais c'est une constante depuis plusieurs décennies, le coach français a tendance à s'exporter toujours aussi régulièrement sur le continent. À l'heure où démarre la CAN 2017, ce sont en effet cinq des seize sélections, soit près d'un tiers, qui sont dirigées par des techniciens français. Elles étaient déjà six lors de la dernière édition en 2015.

S'imprégner du contexte local

Alain Giresse (Mali), Michel Dussuyer (Côte d'Ivoire), Claude Le Roy (Togo), Hervé Renard (Maroc) et Henri Kasperczak (Tunisie) ont tous déjà dirigé au moins une autre sélection africaine. La preuve s'il en fallait une qu'il existe bien, à défaut d'un mode d'emploi, une approche, un feeling et une acclimatation propres aux coutumes locales, au mode de vie des pays. « En Afrique, il y a une façon différente d'aborder le métier d'entraîneur si on l'exerce dans un pays anglophone ou francophone. Ce n'est pas seulement la langue, c'est une question de culture foot et d'approche », nous explique Gernot Rohr, l'actuel sélectionneur du Nigeria.

Une donnée que confirme Luis Fernandez, qui a dirigé la Guinée entre 2015 et 2016. « Il y a un dialogue différent en fonction du pays, s'il est anglophone ou francophone. Le fait de parler la langue du pays est un vrai plus. L'arrivée de Leekens à la tête de l'Algérie est un vrai plus pour la simple raison qu'il s'exprime en français. » Brahim Thiam, qui a joué la CAN 2004 avec le Mali, abonde également dans ce sens : « Il faut que l'entraîneur s'adapte à son environnement et aux traditions. Ça, Hervé Renard le fait très bien. Lui trouve peut-être plus de liens sociaux ou culturels qu'en Europe, tout en apportant sa vision du jeu et ses sensibilités. »

Apport d'un savoir-faire

Comme d'autres avant lui, Renard incarne aujourd'hui cette réussite de l'entraîneur français sur le continent africain. Vainqueur de deux des trois dernières CAN avec la Zambie (2012) puis la Côte d'Ivoire (2015), il fait « la promotion d'un savoir-faire à la française », dixit Gernot Rohr, pour qui la France possède « une bonne école et de bonnes formations pour les entraîneurs ».

Ce serait donc, aussi, une histoire de compétence. « Il y a un déficit en termes de formation des entraîneurs dans le continent », note Brahim Thiam. « Les fédérations ont besoin d'emmener de l'expérience, de la rigueur, de plus de professionnalisme lorsqu'il y a des rassemblements. » Mais débarquer d'Europe avec ses méthodes pour les imposer en Afrique n'a de sens que si cette compétence est reconnue, acceptée, tant par le groupe, les joueurs, que par les personnalités locales. « Si l'entraîneur arrive prétentieux et veut imposer trop de choses ou tout révolutionner, ça ne marche pas, il va droit dans le mur », complète Thiam. « Si tu arrives en faisant le professeur en Afrique, c'est mort ! »

Un constat partagé par Luis Fernandez. « Pour réussir, il convient de parvenir à rassembler tous les joueurs autour d'un projet, de réussir à transmettre l'envie de se battre », souligne-t-il. « Et pour que ça marche, il faut aussi que les dirigeants vous laissent les mains libres. » Souvent la proie des ingérences politiques, les sélections africaines illustrent parfois à quel point la collision d'intérêts sportifs et politiques peut devenir une entrave à la bonne marche d'une équipe. Un mélange des genres difficile à éviter tant que la plupart des fédés seront financées par les gouvernements.

Entre les caprices de joueurs, les histoires de primes et les désaccords structurels découlant des fédérations, diriger une sélection africaine peut s'apparenter à un numéro d'équilibriste, doublé d'un rôle de diplomate. Des caractéristiques qui dépassent le simple cadre technique et font du sélectionneur européen d'une équipe africaine un personnage au profil et aux aptitudes bien particulières.