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Mademoiselle Blé vient de sortir sa nouvelle collection printemps/été 2017.
 

Beaucoup de créateurs parisiens ont imposé, grâce au métissage, l'emblématique tissu wax. Aujourd'hui, son avenir est en jeu. Explications.

« En 2010, il n'y avait pas vraiment de marques spécialisées dans le wax », se souvient Mary Nguetta, la créatrice du site de mode africaine Pagnifik. Mais il aura suffi que quelques grands noms de la couture utilisent du wax pour que le phénomène se propage. Deux collections en particulier vont lancer la vague dont bénéficie aujourd'hui le tissu. Fin 2011, le britannique Burberry sort sa collection Resort 2012 qui affiche trenchs, robes et chemises bardés de wax. À la même époque, la styliste Stella Jean remporte un concours de mode organisé par Vogue. S'inspirant aussi bien de ses origines haïtiennes que de sa culture italienne, elle développe dès l'année suivante des collections basées sur le wax. L'adhésion est immédiate, et dès lors, tout le monde voudra se lancer dans le tissu bariolé.

 ©  DR
Quand l'artiste Beyoncé arbore une création en wax de la styliste italienne Stella Jean (Collection Printemps-été 2016). © DR

 

Une boutique pionnière dans le wax dès 1999

À Paris, les créateurs ne cessent de se multiplier. « Il y a une saturation, assure Johanna Blé. Tout le monde a voulu sauter sur cette tendance. » La jeune entrepreneuse d'origine ivoirienne fait pourtant partie de ce milieu. Mais avec son concept en ligne Mademoiselle Blé, elle tente de se démarquer. « En faisant des vêtements en wax pour les enfants, je suis sur un marché de niche  », se défend-elle. Après une petite année d'existence, la marque rencontre son public. Des clients y voient le moyen de retourner à leurs origines de façon moderne, avec des coupes actuelles. D'autres y trouvent une façon originale d'habiller leur progéniture. « Le marché des enfants est surtout dicté par les coups de cœur », indique la créatrice. Johanna Blé envisage de se délocaliser en Côte d'Ivoire « d'ici deux à trois ans » pour y développer massivement sa marque. « Je veux devenir le Jacadi africain. »

Pourtant, bien avant cet emballement, il était déjà possible de trouver le tissu africain dans la capitale. Dès 1999, le Sénégalo-Guinéen Sadio Bee en a été l'un des pionniers, avec une boutique à son nom rue Sainte-Marthe dans le 10e arrondissement de Paris. « Lorsque je suis arrivé en France, je faisais des coupes occidentales, mais je trouvais ça un peu triste, se rappelle-t-il. J'ai donc ajouté des touches de wax et de couleurs africaines. » La tendance actuelle le réjouit. « Les gens ont enfin compris que les imprimés sont attractifs. »

 ©  Didier Turquetil
Modèle, robe de soirée en wax par le styliste Sadio Bee. © Didier Turquetil

 

Parmi les nombreuses marques parisiennes, comme Maison Château Rouge, Nash Print It ou encore Inyu, Mary Nguetta n'hésite pas. « On sent tout de suite la différence entre les personnes qui surfent sur la vague et ceux qui ont une réelle démarche créative. » À travers son site de mode africaine, elle a pu observer un changement dans le rapport entre les Africains et l'habillement. « D'ordinaire, on achetait son tissu, on repérait un modèle sur un catalogue comme La Redoute et on demandait à un tailleur de le reproduire sur mesure, explique-t-elle. L'acceptation du prêt-à-porter est très récente. »

La tendance du wax s'essoufflera d'ici trois ans

Parallèlement aux boutiques, plusieurs événements se sont montés autour du wax. « Le Happy 50 répond à deux problématiques, détaille Angel Mwana, sa cofondatrice avec Karine L. D'un côté, le prix. Aucun article ne dépasse 50 euros. De l'autre, le problème de stock des créateurs. » Avec quatre ventes par an, le Happy 50 fait office de liquidation des collections. Mais si ces ventes privées utilisent l'aspect financier pour réunir entre 2 500 et 3 000 personnes à chaque édition, le Wax a Wonderful World préfère mettre en avant la culture africaine. Ce salon des modes inspirées d'Afrique est organisé par Mary Nguetta, dans la continuité de son travail sur le site Pagnifik. « C'est une rencontre pour les marques avec ceux qui veulent acquérir ou découvrir le wax. Mais c'est également une rencontre pour les amoureux du wax avec la culture africaine. »

 ©  Pagnifik
Un modèle posant en tenue complète fait de pagne, l'autre nom du wax. © Pagnifik

 

Si le wax restera toujours présent dans les boutiques et les garde-robes, l'effervescence risque de retomber. D'après Lodia K., la créatrice de Bazara'Pagne, « il sera difficile de dépasser l'effet de mode. Les créateurs ne pourront plus faire du wax pour faire du wax. » Un cap devra être franchi, selon elle : « D'ici trois ans, on va arriver à une étape où beaucoup vont tomber. » Lodia K. le sait, pour survivre dans le wax, « il va falloir redoubler de stratégie et de créativité ».

 
 

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