actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

actualités

 

L'étude de McKinsey Africa révèle que la majorité des entreprises présentes en Afrique sont des entreprises privées. 

Les Chinois occupent de plus en plus de place dans l'économie africaine. Une récente étude du cabinet McKinsey en révèle les contours réels.

En deux décennies, la Chine est devenue le partenaire économique le plus important pour l'Afrique. Non seulement le commerce sino-africain a été multiplié par 20, mais les investissements chinois ont passé la surmultipliée. L'implication de la Chine en Afrique serait donc beaucoup plus importante et plus diverse que ne le suggéraient les études précédentes. C'est un rapport publié fin juin par le cabinet McKinsey Africa qui le révèle. Dans ce rare document, le cabinet américain a plongé dans les chiffres des entreprises tout secteur pour en tirer des enseignements majeurs sur la relation Chine-Afrique.

10 000 entreprises chinoises en Afrique

Il y aurait plus de 10 000 entreprises chinoises implantées en Afrique. Soit quatre fois que les chiffres des estimations précédentes, et environ 90 % d'entre elles sont des sociétés privées opérant dans des secteurs bien diversifiés. « Ces entreprises apportent des investissements en capital, savoir-faire de gestion et énergie entrepreneuriale au continent et, ce faisant, contribuent à accélérer le progrès des économies africaines », note le rapport. Que nous apprennent ces chiffres ? Remettent-ils pour autant en cause le poids de Pékin dans les investissements chinois en Afrique ? Quelle place pour les entreprises publiques ? Quels impacts pour le développement du continent ? Des questions auxquelles le rapport apporte de nouveaux éclairages. Bien que les entreprises publiques aient tendance à être plus importantes, en particulier dans des secteurs tels que l'énergie et l'infrastructure, le nombre total d'entreprises chinoises privées suggère que l'investissement chinois en Afrique est plus complexe qu'il n'y paraît.

LIRE aussi Investissements en Afrique : la Chine passe la surmultipliée

L'étude, intitulée « Comprendre le rythme de l'activité chinoise en Afrique », qui a été menée dans huit pays qui représentent environ les deux tiers du PIB de l'Afrique subsaharienne, constate que « le nombre d'entreprises privées et le montant des investissements qu'elles versent en Afrique augmentent simultanément. » Ce qui fait de la Chine l'un des cinq principaux partenaires de l'Afrique en matière de commerce, d'investissement, d'infrastructure, de financement et d'aide.

LIRE aussi Afrique-Chine - Adama Gaye : « Un moment de vérité ! »

Une présence croissante

Les relations Chine-Afrique se sont accélérées au cours des dix dernières années, avec une croissance des échanges d'environ 20 % par an, tandis que les investissements directs étrangers progressent encore plus vite, à un rythme annuel de 40 %. Derrière ces chiffres, une réalité du terrain qui traduit une forte présence des entreprises chinoises. Elles opèrent dans de nombreux secteurs de l'économie africaine. Près d'un tiers sont impliqués dans la production, un quart dans les services et environ un cinquième dans le commerce, la construction et l'immobilier. Dans le secteur manufacturier, 12 % de la production industrielle de l'Afrique, soit environ 500 milliards de dollars par an, sont déjà gérés par des entreprises chinoises. Dans les infrastructures, la domination des entreprises chinoises est encore plus prononcée et elles revendiquent près de 50 % du marché de la construction sur le continent.

Comment s'y prennent les entreprises chinoises en Afrique

Est-ce que ces entreprises sont rentables ? L'étude confirme que près d'un tiers (des entreprises) a déclaré des marges bénéficiaires en 2015. Ces entreprises sont plus réceptives aux changements, et ont déclaré s'adapter plus facilement aux nouvelles opportunités qu'offre actuellement le continent. Sauf dans quelques pays comme l'Éthiopie, où ces entreprises sont principalement tournées vers les besoins d'un marché en forte croissance et donc plus concurrentiel. Ce qui n'empêche pas la plupart des entreprises chinoises de réaliser des investissements qui représentent un engagement à long terme en Afrique plutôt que des activités commerciales ou contractuelles.

 ©  Source : MOFCOM database
Étude McKinsey sur la présence des entreprises chinoises dans huit pays africains entre novembre 2016 et mars 2017. © Source : MOFCOM database

 

Quel impact sur le terrain ?

Est-ce que l'Afrique tire bénéfice de ces investissements ? Les auteurs du rapport sont plutôt affirmatifs : « Dans l'ensemble, nous croyons que la participation croissante de la Chine en Afrique est fortement positive pour les économies, les gouvernements et les travailleurs africains. » Les trois principaux avantages pour l'Afrique des investissements et de l'activité commerciale de la Chine sont la création d'emplois et le développement de compétences, avec plusieurs millions d'Africains employés ainsi, le transfert de connaissances et de nouvelles technologies, enfin le financement et le développement d'infrastructures.

Cependant, la réalité des échanges entre l'Afrique et la Chine révèle aussi ces défis. Les auteurs de l'étude ont noté notamment que seuls 47 % de l'approvisionnement des entreprises chinoises provient de sociétés africaines locales. Seulement 44 % des gestionnaires locaux des entreprises chinoises sont africains ! L'étude pointe aussi du doigt les sociétés chinoises dans des violations du travail et de l'environnement. Ces points faibles traduisent surtout les nuances qui existent dans l'approche des relations de certains pays africains avec la Chine. C'est le cas de l'Éthiopie et l'Afrique du Sud qui ont une position stratégique claire à l'égard de la Chine. Par exemple, les deux pays ont traduit leurs stratégies nationales de développement économique en initiatives spécifiques liées à la Chine et ont également développé des relations importantes avec les provinces chinoises et avec Pékin. En conséquence, la Chine considère ces pays africains comme de véritables partenaires. Dans le cas de l'Angola et de la Zambie, l'engagement avec la Chine a été étroitement concentré par les pouvoirs en place. Pour l'Angola, le gouvernement a fourni du pétrole à la Chine en échange du financement chinois et de la construction de grands projets d'infrastructure, mais les investissements privés axés sur le marché par les entreprises chinoises ont été limités par rapport à d'autres pays africains. Seulement 70 à 75 % des entreprises chinoises en Angola sont privées, contre environ 90 % dans d'autres pays. Le cas de la Zambie est le contraire : il y a eu des investissements majeurs dans le secteur privé, mais pas suffisamment de contrôle des autorités dans la réglementation.

Quid de l'avenir ?

Devant cette réalité diverse, les analystes de McKinsey ont fait un certain nombre de recommandations autour de deux scénarios. Dans le premier, ils prévoient un accroissement des revenus des entreprises chinoises en Afrique jusqu'à environ 250 milliards de dollars en 2025, contre 180 milliards de dollars aujourd'hui. Ce scénario voudrait que les deux partenaires poursuivent leur relation au rythme actuel, avec des investissements massifs dans les secteurs clés. Dans le second scénario, les entreprises chinoises en Afrique accélérent considérablement leur croissance en se développant de manière plus offensive sur de nouveaux marchés. Dans ce cas, elles répliqueraient en Afrique les recettes qui ont fait le succès de la Chine.