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EN IMAGES. Le livre "Mfon" révèle le travail d'une centaine de femmes photographes issues de la diaspora africaine.

Pour avoir sélectionné une trentaine de photographes masculins sans avoir pensé à la moindre femme pour une campagne de promotion d'un nouveau produit. Comme l'explique la photographe new-yorkaise Laylah Amatullah Barrayn, à l'origine du projet, « les femmes de couleur sont sous-représentées dans le milieu de la photographie. Il est important de mettre en lumière le travail que ces femmes effectuent partout dans le monde, dans tous les domaines : le photojournalisme, les beaux-arts, la publicité… ».

Il aura fallu toute sa ténacité pour réussir à éditer cette anthologie en anglais après plus d'une décennie d'efforts. En effet, Laylah Amatullah Barrayn réfléchit dès 2006 avec sa meilleure amie, la photographe sierra-léonaise Adama Delphine Fawundu, à un tel recueil sans parvenir à convaincre les maisons d'édition américaines. Pourtant, le premier livre qui a sorti de l'anonymat les femmes noires photographes remontait déjà à deux décennies : c'est celui de la photographe Jeanne Moutoussamy-Ashe, femme du tennisman Arthur Ashe, qui a pu remonter jusqu'aux pionnières afro-américaines en 1866.

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Il était plus que temps pour Laylah Amatullah Barrayn de remédier à cette absence de visibilité. L'attribution l'année dernière d'une bourse de la Brooklyn Arts Council a relancé son projet avec, cette fois-ci, la décision de le publier grâce à l'aide d'un site de financement participatif. Le titre choisi honore la mémoire d'une photographe qui lui tient à cœur, Kutmfon « Mfon » Essien. Cette dernière, qui a participé à la Biennale de Dakar, est décédée en 2001 d'un cancer du sein la veille de l'inauguration d'une exposition au Brooklyn Museum of Art sur les photographes contemporains africains. « C'est pourquoi j'ai nommé le livre à son nom. En tant que photographe américaine d'origine nigériane, elle représentait bien la diaspora africaine », précise Laylah Amatullah Barrayn, qui détaille : « Nous avons réuni le travail de femmes du monde entier : Afrique du Sud, Brésil, États-Unis, Jamaïque, Madagascar, Mali, Nigeria. Et la liste n'est pas exhaustive. »

La centaine de photographes sélectionnées constitue un subtil mélange entre nouvelle vague – la plus jeune, Fanta Diop, a 15 ans – et professionnelles confirmées comme Mildred Harris Jackson, âgée de 91 ans. D'autre part, le livre évite que les noms de jeunes photographes talentueuses ne sombrent dans l'oubli, comme l'Anglo-Gambienne Khadija Saye, décédée lors de l'incendie de la tour Grenfell à Londres, la Franco-Américaine Leïla Alaoui, assassinée à Ouagadougou lors de l'attaque terroriste, ou encore l'Anglo-Égyptienne Yosra El-Essawy, la photographe de Beyonce emportée par un cancer. Un beau livre commémoratif à se procurer sur le site du projet (mfonfoto.org) et dans une sélection de librairies de musées américains, en attendant la remise du nouveau prix Mfon.