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Le recit du Cirque mandingue est eenchante par le clown, l'acrobatie, la contorsion et la danse.
Avec "Afro Cirkus", leur dernière création, les circassiens guinéens du Cirque mandingue, accompagnés par Cheick Tidiane Seck, offrent une plongée dans leurs racines africaines.

Les circassiens venus de Guinée-Conakry se déploient avec virtuosité... et sans filets de sûreté sur le parquet en bois du Cabaret sauvage à Paris. Ce lieu qui a produit de belles créations maison sur l'immigration maghrébine (Barbès café en 2014 et Cabaret Tam Tam en 2015) se prête bien à ce genre d'ambiance. Le public frissonne pour eux, mais les acrobates virevoltent et retombent toujours sur leurs pattes.

 ©  Yann Mambert
Le Cabaret sauvage à Paris accueille jusqu'au 29 octobre le Cirque mandingue de Guinée, une troupe de danseurs, acrobates et contorsionniste née il y a quinze ans en Guinée. © Yann Mambert

Montrer la culture mandingue

Tout ce mois d'octobre, le Cirque mandingue de Yamoussa « Junior » Camara a présenté une dizaine de jeunes acrobates et danseurs issus de différents quartiers de Conakry. Si l'effectif et les moyens techniques de la compagnie ne sont pas pléthoriques, son inventivité est, elle, sans limites. Pour s'en convaincre, il suffit de voir ces jeunes s'égailler en tous sens avec une impressionnante énergie ou grimper sans effort apparent le mât en bois placé au centre du chapiteau. Afro Cirkus est la troisième création du cirque mandingue, une série de saynètes en forme d'ode au continent. Le tout sur fond de cours de langue de soussou - très parlée à Conakry - est conté par le DJ David Chazam. En deuxième partie de soirée, il anime un bal mandingue, avec quelques pépites en 33 tours, comme l'«  Independance Cha Cha  » du Grand Kalle, soigneusement « diggées » dans les bacs à disques des capitales africaines. Afro Cirkus fait la part belle à des numéros comme celui du remarquable Mohamed Diaré, issu du quartier Bessia à Conakry, qui imite à la perfection Michael Jackson dans «  Thriller  » : «  J'ai intégré la troupe en faisant une audition en 2013  », explique le jeune homme. «  Je breakais, je dansais le hip-hop sur la plage. En voyant mes amis acrobates s'entraîner, j'ai eu envie de les rejoindre. C'est ma deuxième fois en Europe. Je suis très fier de montrer notre culture, ce qui se passe chez nous. »

Le plus spectaculaire artiste de la compagnie est certainement Aboubacar Bangoura, dit « Bouba », le contorsionniste dont le corps semble constitué de latex tant ses gesticulations sont extraordinaires de souplesse. Âgé de 19 ans seulement, il a rejoint la troupe en 2010 : « J'avais 10 ans quand j'ai commencé les contorsions avec mon frère. Au début, mes parents n'étaient pas chauds pour que j'en fasse mon métier, mais aujourd'hui ils sont fiers de moi  !  »

 ©  Ali Guessoum / Sansblanc
Seule recrue féminine du Cirque mandingue, Fatou Sylla est originaire du quartier Bellevue de Conakry. © Ali Guessoum / Sansblanc

 

Seule recrue féminine du Cirque mandingue, Fatou Sylla, originaire du quartier Bellevue de Conakry, est une très énergique danseuse, menue... mais dotée d'une grande force de caractère. Elle a d'abord été commerçante : «  J'ai dit à Junior que ça m'intéressait de participer. Il m'a dit : Pourquoi pas  ? C'est comme ça que j'ai commencé la danse et les acrobaties. Je me suis accrochée. Je venais régulièrement. Je me suis beaucoup blessée en pratiquant, mais je n'ai pas lâché jusqu'à présent  ! J'ai mal au bras depuis un mois, mais je tiens  ! Ça a de l'avenir. En Guinée, les femmes dansent, mais elles sont rarement acrobates parce que c'est dur physiquement. » Et quand on lui demande si c'est difficile d'être une femme dans cet univers masculin, elle s'amuse : « Les garçons sont gentils. Ils m'encouragent. Par contre, ma mère était mécontente que je veuille devenir acrobate  ! Elle disait que ce n'était pas pour moi. Il a fallu beaucoup négocier et lui prouver que c'est ce que j'aime  !  » Épaulé par l'excellent percussionniste et korafola burkinabè Adama Bilorou, Cheick Tidiane Seck a assuré la direction musicale du spectacle : « Je suis panafricaniste. Ça fait une quarantaine d'années que je me bats pour la culture mandingue et les autres cultures africaines », revendique-t-il avec fierté. « Le cirque mandingue me rappelle mon aventure en 2005 avec feu Souleymane Koly et sa troupe du Kotéba. Pendant les 5es Jeux de la francophonie au stade Seyni Kountché à Niamey, au Niger, j'ai dirigé trois cents musiciens. Je vois le même engouement avec ces jeunes. Le Cirque mandingue est un transfuge du Circus Baobab, dont le directeur musical a été un grand ami, Momo Wandel Soumah***. J'ai travaillé avec lui pour le Bembeya Jazz de Guinée. Tout cela ne peut que magnifier ma fibre mandingue.  »