Rokhaya Diallo a été exclue du conseil national du numérique ce 13 décembre.

Militante antiraciste, journaliste, essayiste, réalisatrice et féministe sur le terrain politique français depuis plusieurs années, Rokhaya Diallo dérange quelque peu la bienpensence avec ses prises de position, notamment celles relatives au voile islamique, au déboulonnement des statues coloniales ainsi que du changement des noms de rues portées par des bourreaux.

Plusieurs membres du gouvernement se sont inquiétés de sa présence au Conseil National du Numérique, auquel elle avait été nommée par la présidente, Marie Ekeland.

Cette dernière a été priée par voie d’un communiqué provenant de Mounir Mahjoubi, de proposer une nouvelle composition du CNNum, qui a « besoin de sérénité pour travailler ». Le secrétaire d’état chargé du numérique n’estime pas que Rokhaya Diallo ait sa place au sien du Conseil:


La députée des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer en rajoute à travers cette publication: Nominations de Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom au Conseil national du numérique: alors que les Français exigent de leurs responsables politiques de la cohérence, je souhaite mettre la lumière sur plusieurs contradictions d’Édouard Philippe.


 

Une institution indépendante ?

Pour rappel, le Conseil national du numérique (« CNNum ») a été créé en 2011 à l’initiative du gouvernement. L’objectif : disposer d’une commission consultative indépendante en mesure d’éclairer les décideurs sur tous les enjeux liés au développement du numérique. Les membres du « CNNum », bénévoles, sont nommés pour un mandat de deux ans, sur décret du Premier ministre et « proposition du ministre chargé du numérique ». Mounir Mahjoubi, aujourd’hui secrétaire d’Etat au Numérique, a présidé le Conseil de 2016 à 2017.

La présence de Rokhaya Diallo pourrait altérer « la sérénité » des débats du conseil à en croire le secrétaire d’état Mounir Mahjoubi, le seul argument qui a permis de débarquer Rokhaya Diallo. Pour le moment, elle reste silencieuse sur cette affaire.

Cet épisode démontre que la démocratie et la liberté d’expression sont des notions approximatives qui varient selon les situations et les personnes impliquées. Les prises de positions de Rokhaya Diallo dérangent et cela l’empêche de d’accéder à certains postes, du moins d’y rester. Si des efforts sont mis en oeuvre pour accueillir la diversité culturelle au sein du gouvernement, la diversité des pensées n’a quant à elles pas encore leur place.