Qu’est-ce qui vous a poussée à créer le magazine « Afropolitain » ?

D’abord mon background. Je voulais mettre mon talent au service de la communauté. Les autres magazines pour lesquels j’ai travaillé ne mettaient pas forcément en avant les Noirs. Je voyais aussi beaucoup de gens dénoncer le manque de Noirs dans la presse donc je me suis dit qu’au lieu de se plaindre il valait mieux faire partie de la solution, grâce aux capacités que l’on a. Alors je me suis lancée. J’avais déjà commencé il y a quelques années, sans trop de sérieux, puis j’ai repris en me mettant un coup de fouet. On est au quatrième numéro. Petit à petit l’oiseau fait son nid.


Quelle est la ligne éditoriale ?

C’est un magazine lifestyle donc on y traite aussi bien de business que de mode, de culture, de conseils et astuces, de musique, de couples, de tabous de nos cultures, de voyage, que de design. Il y a tellement de choses à dire sur notre continent et notre diaspora.


Armando
Crédit photo: Afropolitain

Que signifie pour vous le terme « Afropolitain »? 

Afropolitain c’est le Noir d’aujourd’hui pour demain. Ça va être par exemple l’homme ou la femme noire éduqué, qui a un bon poste, qui voyage, qui est cultivé et reste ancré dans les traditions dans lesquelles on a été élevés. Pour moi, l’Afropolitain est celui qui veut montrer les changements qui se produisent dans nos communautés à travers le monde.

 

Quel est le modèle économique ?

J’ai commencée l’aventure seule, avec l’aide de ma maman. Il y a quelques temps, une personne est devenue actionnaire (minoritaire) dans le mag. Sinon, je pitch régulièrement le projet auprès d’investisseurs potentiels.

 

Qui travaille avec vous dans cette aventure ?

J’ai une petite équipe très efficace composée de Maximilien N’Tary-Calaffard, notre éditeur en chef qui s’occupe du contenu des rubriques et qui gère aussi une petite équipe de rédacteurs, traducteurs et correcteurs ;


Maximilien N’Tary-Calaffard, éditeur en chef du magazine Afropolitain

Daniel Baud, le directeur artistique, qui travaille sur la mise en page et le site du mag ;

 

Tischen Frankin, le directeur digital, qui s’occupe du développement de l’application qui sera lancée très prochainement. Ainsi ceux qui n’ont pas pu se procurer le magazine papier pourront retrouver tous les numéros directement sur l’appli. Sans oublier les photographes et les contributeurs.


Quelle est votre cible ?

Notre cible est à la fois féminine et masculine, par son système de flip. C’est-à-dire qu’il contient deux magazines en un dont un côté est dédié à l’homme noir et l’autre à la femme noire. On cible donc les deux, entre 25 et 45 ans. Une cible anglophone et francophone puisque Afropolitan est bilingue, pour essayer de colmater cette brèche entre l’Afrique anglophone et l’Afrique francophone. J’apprends moi-même beaucoup de choses sur cette autre partie du continent. Cela nous rassemble.

 

Pourquoi avoir choisi d’emblée de pénétrer le marché américain ?

Cette décision a été facile parce que je suis basée à New York, c’est le marché que je connais le mieux et il y a beaucoup plus de facilités à devenir entrepreneur dans le milieu américain qu’en France. Il faut aussi dire que lorsqu’une chose vient des Etats-Unis elle est mieux reçue que si elle venait d’Afrique ou d’Europe. C’est aussi une manière pour moi d’éduquer les Noirs d’Amérique qui sont assez centrées sur eux et ne connaissent pas cette culture africaine.


Flaviana Beauty pour Afropolitain

Est-il vrai que les afro-américains saisissent mieux et soutiennent plus aisément les projets communautaires ?

On va dire que oui, par rapport à leur histoire. D’après mon expérience en tout cas, je dirais qu’ils sont plus enclins à ce rassemblement. Cette communauté afro-américaine s’est construite autour de son propre potentiel et de ses propres ressources.

Ici, aux Etats-Unis, tu as des Noirs au top dans tous les domaines, aussi bien en médecine que dans l’entertainement. Mais je pense que les communautés afro européennes commencent un peu plus à s’ouvrir à ce mode de fonctionnement et à travailler ensemble, donc il ne faut pas désespérer. Plus on sera nombreux à faire des projets, plus on travaillera ensemble et les gens auront envie de soutenir ces projets communautaires.

 

Selon vous, que manque-t-il en France aujourd’hui pour faire la place à ce type d’initiatives ?

Je pense qu’il manque jute plus d’envie de travailler en équipe, en communauté et d’ouverture. Je découvre ce milieu francophone parce que je suis établie aux Etats-Unis depuis longtemps. La dynamique est différente mais ça évolue. Quand on voit des choses de qualité on a envie de travailler ensemble, donc plus de qualité et de confiance entre nous, entrepreneurs, nous africains et le fait de ne pas hésiter à s’ouvrir des portes permettra d’arriver à la création de cet écosystème communautaire.

 

A quelles difficultés avez-vous été confrontée ?

Je suis une créative et pas forcément business oriented donc le côté financier est une difficulté, atteindre les gens pour les interviews aussi mais on a du positif à 90%. Je pense que les difficultés que je rencontre sont celles de tout nouvel entrepreneur. Il faut bosser, être consistant et persévérant et au fur à mesure les choses se décantent.

L’Afrique est-elle un marché qui vous intéresse ?

Bien sûr. On parle de ce qui se passe sur le continent dans le magazine donc ce marché nous intéresse. En étant basé à l’étranger, on créé un triangle entre le continent Américain, le continent Européen et le continent Africain. On est obligés de s’intéresser à ce dernier parce qu’il n’y a que comme ça qu’on arrivera à le faire briller. J‘espère que je pourrais y aller beaucoup plus cette année.

 

Quels projets avez-vous pour « Afropolitan » d’ici 5, 10 ans ?

Je veux que ce soit un succès. Je veux que le magazine Afropolitan devienne une référence en matière de média noir, que cette plateforme d’information devienne incontournable, qu’elle se développe et soit aussi une base d’opportunités pour les nôtres. Nous avons commencé avec un magazine parce que c’est ce que je maîtrise mais j’ai une vision assez grande, je veux créer une plateforme où l’information circule sur différents supports et que les gens s’y retrouvent.


Edito mode d’Aïcha pour Afropolitain

Où peut-on retrouver le magazine ?

Le magazine est distribué en France, en Belgique, aux Etats-Unis bien sûr. On espère pouvoir distribuer bientôt dans d’autres pays. Via le site, les clients peuvent le commander d’où ils sont et le recevoir chez eux, ils peuvent également accéder à la cartographie des points de vente.

 

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